Menu principal:
Plateformes multifonctionnelles
Pour réduire la pauvreté en milieu rural, le gouvernement du Burkina faso, avec l'appui du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) a mis en place en 2004 le programme national de plateformes multifonctionnelles pour la lutte contre les pauvretés. (Nous les nommerons en abrégé, suivant la terminologie du Burkina : PTFM).
L'accès à ce programme nécessite une organisation et un financement que les villages ne peuvent à eux seuls mettre en place.
Une cellule d'appui et de conseil, sous l'égide d'un programme national dépendant de l'état burkinabé, est chargée de faire une étude de faisabilité dans les villages demandeurs. Le rapport qui en découle est soumis à validation. S'il est accepté - de nombreux critères sont pris en compte - la cellule d'appui apporte son expertise pour la réalisation de ce projet.
Le point de départ, dans le village, est de créer une association de femmes. C'est la structure de base, indispensable. Les femmes élisent un bureau, composé bien sûr d'une présidente, d'une trésorière, etc .. et définissent le mode de fonctionnement, les règles à respecter, les modalités financières, le contrôle de la PTFM, l'entretien, la gestion des recettes.
Sur le plan des investissements, la prise en charge par le programme national - avec l'appui du PNUD et l'apport de la fondation Bill et Belinda GATES - permettent de financer 90 % du projet. Mais les villages de la région nord, dont la province du Yatenga fait partie, trop pauvres, n'ont pas les moyens d'apporter les 10 % restant, ni de construire le local destiné à recevoir les plateformes. Le seuil d'accès a donc été ramené à 5 % plus le bâtiment. Malgré tout, cela reste hors d'atteinte pour la plupart des villages de la région.
La part restant au village, essentiellement destinée au paiement des équipements complémentaires, est de 300.000 Francs CFA (FCFA), soit 450 euros.
Le bâtiment, qui doit être construit en dur, revient environ à 2.200.000 FCFA, soit 3.300 euros.
Un total de 3.750 à 3.800 euros, une véritable fortune pour les villages totalement démunis du Yatenga.
Après plusieurs mois de réflexion, d'information, de prises de contact avec la cellule d'appui, et devant les sollicitations des femmes de Vadogo Yiri et de Rallo, nous mesurons combien cet investissement pourrait apporter aux femmes et aux villages :
* en contribuant à réduire un travail manuel épuisant et chronophage
* en donnant du temps pour de nouvelles activités, et particulièrement en permettant aux mères de mieux prendre en charge l'éducation des enfants
* en créant une micro-économie, créatrice d'emploi et d'une activité commerciale, peut-être minime, mais base du développement (vente de beurre de karité, vente de farines de sorgho et de mil, recharge de batterie de téléphone portables, ...)
* en structurant la communauté
* en donnant aux femmes un rôle dans la société.
Le Grain a ainsi choisi d'apporter son concours à ces deux villages.
Lors de notre prochain séjour (fin 2011), nous irons sur place constater sur le terrain les retombées. Mais, comme vous pourrez le lire au chapitre suivant, nous attendons du positif !
==> voir "comprendre par l'image" pour visualiser le bénéfice des PTFM
L'environnement des PTFM
L'objectif du programme est de renforcer la capacité nationale et locale pour mieux lutter contre la pauvreté monétaire et humaine dans les villages du Burkina Faso; cette pauvreté résultant notamment des contraintes énergétiques, qui enferment aujourd'hui les populations rurales, en particulier les femmes dans le piège énergie-pauvreté.
Le programme, dès sa mise en place, a opté d'exécuter ses activités dans ses zones d'intervention par l'intermédiaire des ONG ou Agences Locales de Réalisations (ALR).
Une Unité de Coordination Nationale (UCN) basée à Ouagadougou est chargée de coordonner les activités sur le terrain. Elle assure la coordination des activités et rend régulièrement compte du déroulement aux décideurs et aux partenaires techniques et financiers.
.../...
La CAC (Cellule d'Appui Conseil) est le bras technique, la structure de terrain, responsable de la bonne marche des plates-formes. Ces activités sont essentiellement la sensibilisation, l'information, l'implantation, la formation, le suivi, le développement des activités économiques, etc., toute activité susceptible d'amener les publics à adhérer à la démarche PTFM. Chaque CAC est animée par une équipe composée de :
- un/une coordonnateur (trice),responsable de la CAC ;
- une/un responsable en formation /suivi-évaluation.
- une/un responsable endéveloppement économique local
- une/un technicien (ne)
- une/un secrétaire comptable
- une/un comptable
- des animateurs (trices)
- un personnel d'appui.
La FNGN / NORD
La Fédération Nationale des Groupements Naam (FNGN) est l'agence d'exécution du Programme plates-formes pour la région du Nord. La zone de couverture comprend quatre Provinces : le Yatenga (région où le Grain intervient), le Loroum, le Zondoma, le Passoré et 31 départements ou communes rurales.
La cellule d'appui conseil a été mise en place en août 2005.
Les données de la FNGN dans le cadre de l'implantation des PTFM sont de 59 PTFM implantées dont deux réseaux d'adduction d'eau potable simplifié à Koumbri et à Bougouré.
La population bénéficiaire des PTFM est de 81 021 habitants.
En termes d'emplois, la CAC a mis en place et formé 56 CFG dont plus de 336 femmes rémunérées et 112 meuniers salariés. Quant aux artisans, ils sont au nombre de neuf comprenant trois artisans soudeurs de châssis-rails quatre artisans installateurs et mécaniciens et deux artisans électriciens.
Intervention de la Fondation Bill et Belinda Gates
Le Programme national plates-formes multifonctionnelles du Burkina à l'instar de ceux du Mali et du Sénégal a bénéficié en 2008 d'une subvention de la Fondation Bill et Melinda Gates. D'un montant de plus de 4 millions de dollars US, cette subvention est destinée à l'implantation de 200 plates-formes sur une période de quatre (4) ans.
Apports concrets d'une PTFM
(informations issues d'un rapport faisant suite à la visite de Mme Mitchell, responsable de la fondation GATES).
Mise en service en août 2008, la PTFM de Boto, en dehors de la transformation des céréales et de la charge des batteries et de téléphones portables, a permis la connexion électrique de l'école, des logements des enseignants et du centre de santé (maternité, dispensaire et des logements des infirmiers).
En terme de chiffres d'affaires, la PTFM de Boto en 5 mois d'exploitation a enregistré 303 255 FCFA de recettes.
La PTFM de Beka, en plus des services énergétiques communs à toute plate-forme, est équipée d'un mini réseau électrique et d'eau potable simplifié. En effet, grâce à la PTFM, l'école, les logements des enseignants, le centre de santé, les logements des infirmiers et la place commerciale du village sont électrifiés. La connexion d'une pompe immergée d'un débit de 5m3 à l'heure permet le remplissage du château d'eau de 10m3. Deux bornes fontaines publiques, trois robinets à l'école, au centre de santé et à la PTFM ont définitivement mis le village à l'abri des pénuries d'eau.
Un dernier exemple (texte repris in-extenso de la brochure PTFm'info) :
Plus de 500 OOO F CFA de bénéfices nets en 4 mois de fonctionnement
La plate-forme multifonctionnelle de Kienfangué.
Pour la petite histoire de son existence, c'est suite à un journal télévisé de la RTB que ses géniteurs, l'Association Faso Solidarité ont appris les multiples potentialités qui pouvaient les soulager sur trois points à savoir :
- allégement du travail difficile et fastidieux des femmes ;
- aspect rémunérateur du revenu monétaire;
- apport énergétique au profit de la population.
Faso Solidarité, association créée en 1995 et comprenant 30 membres, œuvre pour l'amélioration des conditions de vie des plus pauvres notamment les femmes en difficulté.
Une demande formulée par Faso Solidarité et déposée auprès des responsables du Programme PTFM à Ouagadougou, suivie d'étude de faisabilité positive ont conduit à sa mise en place selon les étapes suivantes:
- construction du local par Faso Solidarité d'un coût de 1 500 000 FCFA
- équipement d'un chargeur pour téléphones portables par Faso Solidarité ;
- équipement de tous les autres modules par le Programme National PTFM. Le moteur diesel, le moulin diamant, la décortiqueuse, l'alternateur, le chargeur de batteries sont donc les modules fournis par le Programme national PTFM. Pour son fonctionnement optimal, un comité féminin de gestion comprenant une présidente, une trésorière, une caissière, deux meunières a été mis en place et a bénéficié d'une formation sur le remplissage des outils de gestion technique par les experts du programme. Actuellement gérée par un comité, la PTFM totalise en quatre mois de fonctionnement une recette totale de 1 316 710 CFA. Les dépenses surtout en carburant, en rémunération et en investissement (construction de locaux de charge de batteries, de lieu de réfrigération, d'atelier de soudure),etc., s'élèvent à 758 355 FCFA. Après une réduction de toutes les dépenses, les bénéfices nets s'élèvent à 558 355 FCFA.
Qui dit mieux ?